Consumérisme chrétien?

Entre Black Friday, Noël et Nouvel An, la fin de l’année est peut-être la période où nous culpabilisons le plus quant à notre consumérisme. Il me semble qu’il devrait en être autrement d’un chrétien. Un chrétien ne « culpabilise » pas : il est convaincu d’avoir péché par l’Esprit Saint (1) , il se repent et il est libéré de sa culpabilité ; puis il « va et ne pèche plus ». (2)

Comment ce parcours se traduit-il dans le contexte des fêtes de fin d’année et la pression sociale qui l’accompagne ? Notre premier réflexe devrait être de se tourner vers Dieu et de méditer sur son caractère.

Nous nous offrons des cadeaux bien souvent par souci de réciprocité. « Il m’a offert un beau cadeau l’année passée, il faut donc que je lui en offre un qui a une valeur similaire, voire plus. » « J’ai reçu juste un petit quelque chose de sa part, je pense que ce serait bien que je lui offre aussi un petit truc cette année. » Notre Dieu est le Dieu qui se donne gratuitement, sans aucune commune mesure avec ce que nous pouvons lui donner en retour. (3)

Nous célébrons les fêtes autour de repas copieux voire surabondants. « C’était bien bon, mais j’ai trop mangé », «On a un peu abusé, en janvier, c’est régime », « J’ai trop bu, je ne peux pas conduire ». Qu’en est-il de notre Dieu ? Il s’est fait homme, mangeant et buvant (4). Il a souvent choisit la table comme lieu de rencontre, il a célébré les fêtes traditionnelles dans sa culture. Il a dit: « Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n'aura jamais faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif. » (5) Il est celui qui donne la satiété. Il est le seul vers qui il faut se tourner si l’on veut apprendre à dire : « j’ai eu en suffisance ».

Nous parons nos maisons, nos quartiers et nos villes de décorations lumineuses. Nous voulons que ce soit beau, et que ça brille pour nous aider à surmonter le manque de lumière en hiver. Nous savons où se trouve la source de la beauté : je voudrais habiter toute ma vie dans la maison de l’Eternel, pour contempler la beauté de l’Eternel (6). Nous savons qui est la lumière : « Je suis la Lumière du monde » (7).


Dès lors, ayant rencontré Dieu, nous vivons d’une manière différente, d’une façon qui reflète le caractère de celui à qui nous appartenons. Décorons nos intérieurs avec de la lumière. Décorons de telle sorte que cela pointe vers celui qui est la lumière du monde, non pas vers nos propres talents de décoration ou notre bon goût. Offrons des cadeaux, sans rien attendre en retour, en prenant soin d’expliquer que ces cadeaux ne sont qu’un pâle reflet du cadeau que Dieu donne. Gardons-nous d’offrir des présents pour gagner les faveurs de quelqu’un ou pour prouver qui nous sommes. Célébrons autour d’une table, en trinquant en l’honneur de celui qui nous invite au grand banquet. Et dans toutes ces choses, faisons-le en reflétant la générosité de Dieu et non pas l’excès. La société dans laquelle nous vivons « exige que nous voulions plus, que nous ayons plus, que nous possédions plus, utilisions plus, mangions et buvions plus. » (8) Dans la royaume de Dieu, nous savons que nous avons assez !

Pendant cette période de fête, consommons comme des chrétiens, en reflet du caractère de Dieu. Consommons avec générosité.

Consommons d’une façon qui bénit autant celui qui a produit les biens que celui qui les reçoit : sans exploiter ni l’environnement, ni les travailleurs.

Consommons sans excès, car nous savons Dieu donne à satiété.




(1) Jean 16:8

(2) Jean 8:11

(3) Romains 6:23

(4) Matthieu 11:19

(5) Jean 6 : 35

(6) Psaume 27:4

(7) Jean 8:12

(8) Walter Brueggemann, Sabbath as Resistance, 2017, p. xii.

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